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Zoom Facebook du 17/06:  NINOSKA ESPINOLA & La musique caribéenne

Ninoska et la musique caribéenne

Ninoska poursuit son apprentissage aux Antilles. Elle y fonde le groupe Udu avec Olivier Jolet et Xavier Orville et multiplie les rencontres qui vont lui permettre de grandir artistiquement

« J’ai collaboré avec le pianiste de jazz caribéen Guy-Marc Vadeleux , notamment pour le Festival del Caribe à Santiago de Cuba, et en tant que chanteuse et choriste pour son album “Evolution X”. C’est grâce à lui aussi que je rencontre son père, le roi de la mazurka martiniquaise Guy Vadeleux avec qui j’ai eu l’honneur de participer à un de ses spectacles enregistré à l’Atrium,  Mat’gnifica sur lequel j’ai interprété alors “Gracias a la vida”.

A cela s’ajoute les rencontres littéraires, avec le poète Patrick Mathelié-Guinlet, le percussionniste Charly Labinsky et la chanteuse Haïtienne Ymelda

Bien plus que des rencontres, éprouver la Martinique dans sa diversité, dans sa richesse, ses talents, m’a permis finalement de me construire, de me rencontrer. »

Intégrale :

Ton arrivée en Martinique t’a permis de rencontrer des musiciens caribéens. Quelles sont les rencontres qui ont marqué ton séjour en Martinique ?

Il est difficile de résumer en quelques lignes les rencontres qui ont marqué ce pan de ma vie… Il s’agit de presque 10 années de découvertes, de formation et professionnalisation à “l’école martiniquaise”, je n’avais pas conscience de ce qui m’attendait… partir à 23 ans à l’autre bout du monde, c’est l’aventure totale !!

Toujours est-il qu’en parallèle avec mes études universitaires, je m’efforçais d’avoir une vie artistique active mais ce n’était pas chose simple car, il me fallait comprendre mon nouvel environnement.

En effet, beaucoup d’aspects sur la culture des Outre-mers sont bien trop méconnues, sont brimées, basées sur des stéréotypes en France et surtout à cette époque. Bref, je n’y connaissais rien (à part un lointain souvenir d’un de mon premier voyage en avion en Guyane) c’est pourquoi comprendre son Histoire, son essence, sa langue et donc ce qui fait l’âme de ce peuple, c’est cela qui m’importait, et plus je comprenais où j’étais, plus je m’identifiais à ce Peyi marqué par l’injustice, l’horreur et le déracinement.

C’est donc par “hasard” que j’ai fait la rencontre de musiciens étant sur une même “fréquence” (“una misma onda”), avec qui nous créâmes le groupe Udu. Avec Olivier Jolet, percussionniste et parolier et Xavier Orville (guitariste auteur compositeur) nous élaborons ensemble la ligne directrice de notre projet musicale; celle-ci s’appuyant sur les aspects évoqués: chanter, révéler la Mémoire de la Caraïbe et de l’Amérique Latine à l’instar des “cantautores” (chanteurs auteurs latino-américains engagés) constituait les fondements de notre groupe, et tout cela en espagnol, en portugais et… en créole, voir même différents créoles. Chanter le créole c’était pour moi comme faire réellement partie de la famille… Cela étonnait beaucoup parfois, et continue d’étonner, lors d’une petite tournée en Guyane en novembre-décembre 2019, on me demandait, “mais, d’où venez-vous!!!?”.

Avec Udu j’ai fait mes 1ères tournées dans les îles voisines, Guadeloupe pour le Festival de Jazz de Pointe-à-Pitre, Festival des Sens à Sainte Lucie… Et puis, nous avions un premier album “An sel chimen” (Un seul chemin) que nous présentâmes à l’Atrium à Fort-de-France. Nous avions même participé à un concours TV “9 semaines et un jour” où nous étions arrivée 2ème, je fais la rencontre à ce moment là de la gagnante, la chanteuse haïtienne Ymelda Marie-Louise avec qui, quelques années plus tard je partirai en tournée à Nantes avec d’autres musiciens martiniquais et haïtiens.

J’ai fait aussi la rencontre d’un grand percussionniste martiniquais Charly Labinsky (il fût un des percussionnistes d’Eugène Mona artiste emblématique de la Martinique) qui m’invita pour l’album Otantik de son groupe de jazz acoustique Charly Trio. J’y interprète la chanson Savan’n du poète haïtien Sito Cavé, que j’ai eu la chance de rencontrer également.

La phase chanteuse musicienne professionnelle s’affirmant de plus en plus, le groupe Udu ne survécu cependant pas à la crise de 2009 à la veille d’un 2ème enregistrement…

Cependant, suite à la crise, je reprends le solo et continue de jouer dans les restaurants et bars tout en faisant d’autres jobs. Aussi, ayant fait la rencontre du pianiste de jazz caribéen Guy-Marc Vadeleux (aujourd’hui renommé), de nombreuses collaborations verront le jour notamment pour le Festival del Caribe à Santiago de Cuba,  par la suite en tant que chanteuse et choriste pour son album “Evolution X” et lors de son concert au New Morning en 2013; C’est grâce à lui aussi que je rencontre son père, le roi de la mazurka martiniquaise Guy Vadeleux avec qui j’ai eu l’honneur de participer à un de ses spectacles enregistré à l’Atrium,  Mat’gnifica sur lequel j’ai interprété alors “Gracias a la vida”.

A cela s’ajoute les rencontres littéraires, avec le poète Patrick Mathelié-Guinlet, qui fut même l’une des 1ères rencontre artistique en Martinique et qui réalisa un travail de traduction des chansons de Violeta Parra que je continuais alors d’interpréter…

Bien plus que des rencontres, éprouver la Martinique dans sa diversité, dans sa richesse, ses talents, m’a permis finalement de me construire, de me rencontrer.

Violeta Parra (1917-1947) est une artiste engagée, et avant-gardiste qui a fait connaître l’art populaire chilien en Europe à une époque où peu d’informations sur la culture chilienne circulaient.

Dans mon parcours, cela est exemplaire, et donne le ton sur la présence et l’influence de la femme chilienne dans sa communauté.

Nous en avons eu un exemple flagrant lors des premiers mois du soulèvement populaire au Chili en octobre 2019, où la population a chanté à nouveau les “vieux” refrains que tout le monde pensait avoir oublié et qui en disent tellement long comme, “El pueblo unido” de los Inti-Illimani, ou “El derecho de vivir en paz” de Victor Jara, ou encore, lors du couvre-feu, on entendait une chanteuse lyrique qui interprétait depuis son appartement “Gracias a la vida” de Violeta Parra…

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